Iran Issa-Khan Ecstasy, 2020, Limited edition color c-print photograph (Edition of 12) | Photographie c-print couleur en édition limitée (48 x 72 in / 121.92 x 182.88 cm)

 

Si elle n’est pas encore à Saint-Barthélemy, Iran Issa Khan ne cache pas son impatience à retrouver une île qu’elle « adore » et qu’elle n’a de cesse de redécouvrir à chacune de ses visites. Pour l’heure, elle est à Miami, en Floride, où elle poursuit ses travaux. « J’espère pouvoir venir en février, quand les choses seront plus calmes », confie-t-elle. En attendant, une partie de ses œuvres a d’ores et déjà pris place à Saint-Barth. En l’occurrence, sur les murs du musée du Wall House qui organise, en partenariat avec la Space Gallery, une grande exposition intitulée « Les forces de la nature ». Celle-ci est composée de photographies réalisées par Iran Issa-Khan qui, à travers son travail, entend « rendre hommage à la beauté intrinsèque du monde naturel ». Jointe par téléphone, la photographe évoque avec passion et enthousiasme les raisons qui la poussent à poursuivre son exploration de la nature et de ses merveilles.

« Eveiller les gens à la beauté »

 

« Mon objectif est toujours de trouver le meilleur de ce que la nature peut nous offrir, explique Issa-Khan. La nature nous donne ce qu’il y a de  mieux dans le monde. Tout a été façonné depuis des milliers d’années. Il m’a fallu du temps pour en prendre conscience. Je pense qu’il en va de même pour chaque personne, pour comprendre toute la beauté de ce qui nous entoure, de l’apprécier et d’en prendre soin. C’est aussi notre rôle d’artiste que de le montrer, d’éveiller les gens à cette beauté. D’ailleurs, j’espère que l’exposition présentée à Saint-Barth, mon travail depuis plus de vingt ans, permettra de montrer tout cela. »

 

A ses débuts, pendant près de vingt ans, Iran Issa-Khan a été l’une des photographes de mode les plus en vue. Ses clichés se sont affichés en Une des plus grands magazines spécialisés, dans le monde entier. Puis, en 1999, après la disparition de l’un de ses mentors, elle décide de changer de voie. Mais basculer de l’univers de la mode à celui d’une nature florissante, n’est-ce pas toujours partir à la recherche de la beauté, sous toutes ses formes? 

 

« Exactement, confirme l’artiste. Pour moi, la beauté est la chose la plus importante car elle se loge partout. Elle peut être extérieure, intérieure, chez les gens comme dans la nature. La beauté est merveilleuse, quelle que soit la forme qu’elle prend. Je la cherche partout, tout le temps, dans tout ce qui m’entoure. »

« Faire le choix du côté de la vie que l’on veut observer »

 

De son enfance passée en Iran, la photographe affirme « tout garder en mémoire ». Sa recherche de la beauté qui l’a finalement conduite à observer et capturer celle de la nature ne découle-t-elle pas de ces premières années vécues à Téhéran? 

 

« Bien sûr, c’est évident, lance-t-elle. Il n’y a rien de plus grand et de plus marquant que le pays dans lequel vous naissez et grandissez. Et puis il y a tellement de beauté en Iran. Dans l’architecture, la nature, les gens. On ressent cela lorsque l’on grandit. Et on peut faire le choix du côté de la vie que l’on veut observer, celui que l’on veut rechercher, que l’on veut vivre. » 

 

En 1979, sa famille doit fuir l’Iran lors de la chute du Shah et avant la prise de pouvoir des Gardiens de la Révolution.

 

Après une enfance choyée faite de voyages et de rencontres, la jeune femme débarque aux Etats-Unis. 

 

« Là, il a fallu travailler car tout nous avait été pris en Iran, se souvient Issa-Kahn. J’ai étudié la photographie pendant un an et j’ai fait la rencontre de différentes personnes. Je voulais travailler mais il fallait que je fasse mes preuves. Alors pendant un an, j’ai pris des photos des célébrités que je connaissais. Quand je suis revenue, j’ai montré mes photos et on m’a dit « ok, tu peux travailler »! C’est comme ça que tout a commencé... »

 

Depuis 1999, à Miami, Iran Issa-Khan ne quitte plus la nature qui l’entoure. Elle tente d’y déceler la plus petite once de beauté. Avec l’espoir que celle-ci pourra être préservée. 

 

« Mon seul espoir est que la jeune génération s’implique davantage et fasse ce qu’il faut pour sauver notre environnement, déclare l’artiste. Notre sauveur, dans l’avenir, ce sera la nature. Toutes les choses qui se passent aujourd’hui dans le monde sont la conséquence de la manière dont on maltraite la nature. On est impliqué dans tellement de choses futiles dans la vie. Il faut se consacrer aux choses importantes. »

L’exposition sera visible aux horaires d’ouverture du musée du Wall House


(Matin : du lundi au vendredi de 9 à 12 heures, le samedi de 9 à 13 heures. Après-midi : lundi, mardi et samedi de 14h30 à 18h30 ; mercredi, jeudi et vendredi de 14h30 à 19 heures.)

 

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